Parlement de la Communauté française

Question de M. Paul Galand à Mme Catherine Fonck, ministre de l’Enfance, de l’Aide à la jeunesse et de la Santé, relative à « l’influence du bruit des avions sur la pression artérielle des riverains des aéroports »

M. Paul Galand (ECOLO). – Le Journal du médecin du 19 février 2008 s’intéresse à l’influence du bruit des avions sur la pression artérielle des riverains des aéroports et en particulier au projet « Hyena », « hypertension et exposition au bruit près des aéroports ».

Le premier volet de ce projet avait montré que les personnes résidant à proximité d’un aéroport depuis plus de cinq ans ont un risque d’hypertension artérielle supérieur à celui de la population générale. Une élévation de dix décibels des nuisances sonores dues au trafic aérien majore de 14 % le risque d’hypertension artérielle. Le projet a porté sur cinq mille volontaires habitant aux alentours de six aéroports internationaux en Europe.

Le second volet de l’étude a consisté à enregistrer le sommeil de cent quarante volontaires à proximité de Londres Heathrow et de trois autres aéroports européens. Les résultats montrent que l’élévation de la tension artérielle est liée au niveau sonore, même si le volontaire reste endormi et ne prend pas conscience de la gêne provoquée par le bruit.

À titre d’exemple, le passage d’un avion provoque une élévation moyenne de la pression systolique de 6,2 millimètres de mercure et de la diastolique de 7,4 mmHg chez les riverains ayant participé à l’étude. Il apparaît qu’à chaque augmentation de cinq décibels du bruit maximal des avions, la pression artérielle augmente en moyenne de 0,66 mmHg.

Les conclusions des promoteurs de l’étude sont : « Nous savions que le bruit du trafic aérien pouvait être source d’irritation, mais notre travail montre qu’il peut également être nocif pour la santé. Il est important d’en tenir compte pour les projets d’extension des aéroports internationaux.

Nos études prouvent que le bruit du trafic aérien peut immédiatement affecter la pression sanguine et augmenter le risque d’hypertension. Dès lors, il me semble évident que des mesures doivent être prises pour réduire le bruit produit par les avions, surtout pendant la nuit, et ceci afin de protéger la santé des personnes vivant à proximité des aéroports ».

Comment la Communauté française va-t-elle utiliser cette étude ainsi que les résultats d’autres recherches qui montrent l’impact du bruit sur la santé et en particulier sur l’hypertension ? S’agit-il d’une priorité qui figurerait en tant que telle dans le volet sur la prévention cardiovasculaire du prochain plan quinquennal de promotion de la santé ?

Comment comptez-vous collaborer avec les gouvernements fédéral, wallon et bruxellois pour combattre les effets du bruit des avions sur la santé ? Envisagez-vous des études similaires pour la population de la Communauté française exposée à ces nuisances ? Comment allez-vous faire figurer cette question à l’agenda des consultations qui devraient se tenir à la suite de la publication du quatrième rapport sur le développement durable du Bureau fédéral du Plan Accélérer la transition vers un développement durable ?

Mme Catherine Fonck, ministre de l’Enfance, de l’Aide à la jeunesse et de la Santé. – Cette question est très intéressante et j’aimerais élargir cette problématique aux nuisances sonores en général.

J’ai pris connaissance de l’article du Journal du médecin du 19 février faisant état d’une étude du projet « Hypertension and Exposure to Noise near Airports » (Hyena). Cette recherche est réalisée par une équipe européenne et a été publiée dans l’European Heart Journal. Les conclusions énoncent qu’un événement bruyant, défini comme un bruit dépassant de trente-cinq décibels l’environnement sonore habituel durant le sommeil,