Question parlementaire

18 Question de Mme Tinne Van der Straeten au secrétaire d'État à la Mobilité, adjoint au premier
ministre sur "l'influence sur les radars à prendre en considération lors du placement d'éoliennes aux
abords d'un aéroport" (n° 4592)

18.01 Tinne Van der Straeten (Ecolo-Groen!) : Il n’y a en province de Brabant flamand que trois éoliennes,
même si j’ai appris par l’entremise du ministre flamand Van Mechelen qu’un permis aurait été délivré pour un
quatrième. La raison en est l’habitat linéaire et la présence de l’aéroport. Les réflexions générées par les
turbines à vent perturbent en effet les systèmes radar. Il est toutefois possible de construire une éolienne à
proximité d’un radar puisque les réflexions sont fonction des matériaux utilisés et il peut y être remédié par la
pose d’un enduit. Le type de radar jour également un rôle. Une autre solution consiste à équiper le radar
d’une technologie tracker.
L’intercommunale Haviland souhaiterait construire trois éoliennes sur le terrain industriel de Westrode.
Belgocontrol a toutefois rendu un avis négatif. Selon le ministre flamand Crevits, on continuera à examiner la
possibilité de résoudre le problème par le recours à certains enduits.
Combien de demandes d’avis concernant la construction d’éoliennes ont donné lieu à un avis négatif ou
positif de Belgocontrol? A proximité de quels radars se posent les problèmes ? Quel est le rayon ? Quels
systèmes utilise Belgocontrol pour procéder à des simulations? Avec quelles entreprises travaille
Belgocontrol ? Existe-t-il en Belgique des études ou une expertise spécifiques concernant les interférences
générées par les éoliennes et l’implantation de celles-ci? A-t-il été procédé à une comparaison avec la
situation dans d’autres pays? Quelles solutions sont envisageables ou nécessaires aux yeux de Belgocontrol
pour malgré tout autoriser la construction d’éoliennes à proximité d’un radar?

18.02 Etienne Schouppe, secrétaire d'État (en néerlandais) : Il y a eu jusqu’ici un total de 492 demandes
d’avis dont 42 ont fait l’objet d’un avis négatif et 450 d’un avis positif. Tous les radars sont influencés dans
une certaine mesure par la présence d’éoliennes.
Concernant Belgocontrol, il s’agit, entre autres, de différents radars d’approche et de poursuite ainsi que d’un
radar météorologique. D’autres instances utilisent aussi des installations de radars, il y a des systèmes de
contrôle pour la navigation, etc. Belgocontrol procède à des échanges avec la Défense de connaissances et
d’expérience en matière d’incidence des éoliennes mais la question est donc plus vaste. Il est impossible de
définir un rayon bien précis en dehors duquel les éoliennes n’influencent pas les radars puisque leurs effets
peuvent se faire ressentir jusqu’à une distance de plusieurs dizaines de kilomètres. L’incidence
opérationnelle sur le contrôle aérien doit faire l’objet d’études plus approfondies dans l’optique du principe de
précaution. Les éoliennes produisent d’ailleurs aussi des effets sur d’autres appareils de navigation et de
communication. Ces effets sont évalués à l’aide de différents logiciels et de simulations informatiques.
On étudie à cet égard toute une série d’effets potentiels des éoliennes sur les différents systèmes radars de
Belgocontrol. Il ne s’agit pas uniquement de réflexions mais également d’erreurs d’angle, de zones d’ombre,
de la visibilité des turbines sur les écrans radars, etc. Les effets et les méthodes sont basés sur des études
scientifiques et les résultats sont examinés avec le concours d’experts opérationnels afin de parvenir à un
avis étayé.
Tant Belgocontrol que le département de la Défense disposent d’experts en matière d’incidence des
éoliennes sur les radars et ont financé conjointement deux études à ce sujet. Une société allemande a étudié
l’incidence sur l’équipement de navigation et la KU Leuven l’incidence sur le système radar. D’autres instituts
d’enseignement et de recherche étudient également cette matière. Au sein d’Eurocontrol, Belgocontrol
participe activement à un groupe de travail international dédié à cette matière. Ce groupe de travail, constitué
d’experts civils et militaires issus de plusieurs pays européens, a chargé une firme britannique de réaliser
une vaste étude sur la question.
Sur la base de cette étude, Belgocontrol établit actuellement un document visant à définir une approche
européenne harmonisée dans le cadre de l’étude de l’incidence des turbines sur les systèmes de
surveillance. En outre, d’autres études et expériences sont encore échangées entre différents pays.
Belgocontrol participe au groupe de travail de l’Organisation de l’aviation civile internationale, qui étudie
l’incidence des turbines sur la navigation.
Actuellement, tout le monde s’accorde pour dire qu’il est très difficile d’admettre des éoliennes aux abords
d’un radar. Certaines évolutions technologiques doivent toutefois le permettre mais celles-ci se situent
encore à un stade expérimental. Belgocontrol suit attentivement les évolutions technologiques. Nous
espérons que des résultats positifs pourront rapidement être obtenus dans l’intérêt de la sécurité et de
l’énergie verte.

18.03 Tinne Van der Straeten (Ecolo-Groen!) : Je suis somme toute assez satisfaite de cette réponse. Sur
un total de 492 demandes, 42 seulement ont fait l’objet d’un avis négatif. Voilà qui me surprend
agréablement.
Je me suis rendue récemment dans une bourse sur l’énergie éolienne et j’ai pu constater que l’on travaille
d’arrache-pied à de nouveaux développements, également en ce qui concerne la technologie radar. Les
évolutions seront rapides. Il n’y a actuellement pas encore beaucoup d’éoliennes. Mais si Eurocontrol et le
groupe de travail OACI vont de l’avant, la situation s’améliorera beaucoup à l’avenir.

18.04 Etienne Schouppe, secrétaire d'État: (en néerlandais) : Je suis convaincu que la science trouvera
des solutions. Il s’agit d’un problème qui est apparu récemment et on recherche activement des solutions.
C’est donc une question de temps.


L'incident est clos.