La libre.be : Mis en ligne le 29/07/2008
Par Philippe LawsonLe pétrole cher sonnera-t-il bientôt le glas de l'âge d'or des voyages à bas tarifs en avion ? En tout cas, le maintien du prix du baril à un montant élevé fait toussoter les compagnies aériennes traditionnelles et enraye la spirale positive des low cost. Qu'un symbole de leur réussite comme Ryanair prédise désormais un résultat compris entre l'équilibre et une perte annuelle de 60 millions d'euros pour 2008, la première depuis des années et ce, à cause notamment du pétrole cher, traduit la contraction des bénéfices du secteur. On devait d'ailleurs s'y attendre dans la mesure où les compagnies traditionnelles ont déjà lancé des signaux d'alarme en redoutant d'importantes pertes d'emplois dans leur sillage à cause du renchérissement quasi permanent du prix de l'or noir. United Airlines a déjà annoncé qu'elle va supprimer plus de 7 000 emplois d'ici fin 2009 pour compenser les pertes liées à la hausse massive du prix du pétrole et la Qantas, la compagnie aérienne australienne a déjà pronostiqué la perte de 100 000 emplois dans l'industrie aérienne d'ici fin 2008.
L'annonce de Ryanair laisse bien entrevoir des lendemains difficiles pour les compagnies low cost. Et si le pétrole poursuit sa course folle vers les sommets, certaines d'entre elles risquent de ne pas survivre à la crise. A l'instar des "majors" du secteur, les compagnies à bas tarifs devront prendre des mesures pour rester en vol. Parmi elles, notamment la concentration et une révision à la hausse de leurs tarifs, même si ceux-ci seront toujours inférieurs aux prix des compagnies traditionnelles. Et pour bien le mesurer, il est temps que la transparence des prix soit une réalité dans le secteur des low cost pour que le voyageur ne soit plus berné. La condamnation de Ryanair à 54 000 € d'amende en Italie pour publicité mensongère par les autorités antitrust est un bel exemple. Il est temps de mettre fin à des prix d'appel défiant toute concurrence, alors qu'ils n'intègrent pas sciemment des surcharges supplémentaires : bagages en soute, taxe sur les paiements par cartes de crédit, etc. Ce sont d'ailleurs ces postes que les low cost ont tendance à majorer pour garder des prix d'appel concurrentiels. Mais elles développent aussi de nouveaux services pour diversifier leurs rentrées financières : téléphones à bord de l'avion, location de voitures, etc. Et "last but no least", elles empruntent les recettes des compagnies traditionnelles en réduisant les capacités offertes au travers d'avions cloués au sol.