Aéroports régionaux - charleroi

BSCA : le privé pourra monter à 49 %

Philippe Lawson

La libre : Mis en ligne le 12/07/2008

Le partenaire privé aura un droit de préemption pour acquérir les 21,24 pc de la Sowaer après les 27,65 pc. C'est la décision prise par l'exécutif wallon après avoir sélectionné les trois candidats. L'arrivée de Brussels Airlines n'est plus dans l'air.

La recherche d'un partenaire privé pour Brussels South Charleroi Airport (BSCA) n'est pas encore finie que le gouvernement wallon a décidé de passer à la vitesse supérieure. Selon nos informations, jeudi, dans la foulée de l'arrêt de la liste des trois candidats (holding Save/holding communal, groupe chinois Hainan Airlines, Belgium Sky Shops), les autorités régionales ont aussi décidé d'accorder un droit de préemption au futur candidat investisseur qui sera retenu pour racheter une partie (soit 27,65 pc) des parts (48,89 pc) détenues par la Société wallonne des aéroports (Sowaer). La valorisation de base des 27,65 pc est évaluée entre 8 et 28 millions d'euros. Aucun délai n'est encore fixé pour l'exercice de ce droit, mais le futur partenaire privé devra réaliser les investissements ou respecter les engagements pris au profit de l'aéroport de Charleroi. "Il est aujourd'hui clair que l'aéroport de Charleroi dispose d'un réel potentiel de développement et les partenaires privés sont prêts à y investir davantage. Ce que nous proposons n'est qu'une juste reconnaissance de leur implication dans le développement du site" , nous a confié le ministre wallon André Antoine (CDH), en charge de la politique aéroportuaire régionale (lire interview ci-dessous), pas peu fier de l'évolution du dossier de privatisation de l'aéroport carolo.

Majorités spéciales

Dans la notification provisoire dont nous avons eu connaissance, l'exécutif wallon précise que la poursuite du processus de recherche du partenariat stratégique pour BSCA se fera sans exclusive en ce qui concerne notamment l'introduction du droit de préemption. Par ailleurs, celle-ci sera "assortie de majorités spéciales pour certaines décisions à déterminer de commun accord et de mécanismes de résolution de conflits et ce, moyennant le respect des engagements exigés des candidats investisseurs en terme de croissance de l'activité et de participation aux investissements" .

Les autorités wallonnes indiquent aussi qu'elles accorderont une attention particulière, dans l'analyse des offres contraignantes (elles doivent être introduites pour la rentrée), à la façon dont les candidats investisseurs ont tenu compte de ses efforts pour développer le site. Il s'agit notamment de la politique "proactive et unique en Europe" , précise-t-on, en matière d'accompagnement des riverains (isolations acoustiques et rachat des maisons autour du site) et la réalisation de divers investissements prévus (allongement de la piste, extension de la nouvelle aérogare à l'horizon 2010). Il y a aussi le projet de construction d'une gare ferroviaire, probablement sur le site de l'aéroport, pour environ 400 millions d'euros.

Toujours garder la main

Dans le cadre de l'accroissement des parts de BSCA pouvant être cédées au privé, le gouvernement wallon prend néanmoins des dispositions pour éviter que le partenaire ne prenne le contrôle de la société gestionnaire du site. Il est demandé au ministre Antoine, également vice-président de l'exécutif régional, de préparer et de réussir une opération de rachat (par la Sowaer) des parts détenues par d'autres sociétés (0,66 pc pour la Sabca ; 0,66 pc pour la Sonaca ; 0,34 pc pour Cityparking et 0,33 pc pour la société Koekelberg). Cette opération devra être réalisée préalablement à l'exercice du droit de préemption pour acquérir la totalité des parts de la Sowaer. Aux côtés de ces "petits actionnaires", le capital de BSCA est réparti comme suit : 48,89 pc pour la Sowaer ; 27,65 pc pour la Sogepa (gestionnaire des diverses participations du gouvernement wallon) ; 19,15 pc pour Sambrinvest.

En attendant, l'arrivée de Brussels Airlines sur le tarmac de Charleroi ne serait plus d'actualité. Les nouveaux patrons de la compagnie aérienne belge privilégieraient un développement au départ de Brussels Airport. Car la délocalisation partielle des vols à Charleroi risquerait notamment d'accroître leurs coûts, ils ne seraient pas non plus convaincus par les postes d'économie ou de gains potentiels.