Lufthansa rachète Brussels Airlines

Le Soir : Rédaction en ligne

lundi 15 septembre 2008, 18:30

La compagnie aérienne allemande Lufthansa va prendre le contrôle à 100 % de sa concurrente belge Brussels Airlines (ex-Sabena). L'opération qui doit encore être approuvée par les conseils d'administration des deux groupes et par les autorités eropéennes se fera en deux phases.

 

Belga

Lufthansa et Brussels Airlines ont annoncé lundi la conclusion d'un accord prévoyant dans une première phase, une prise de participation de Lufthansa dans SN Airholding, la maison-mère de la compagnie belge et, dans une seconde phase, l'intégration complète de la compagnie belge au sein du groupe Lufthansa, pour un montant maximal de 250 millions d'euros.

Dans un premier temps, Lufthansa acquerra 45% de SN Airholding pour 65 millions d'euros, via une opération d'augmentation de capital, a expliqué le président de SN Airholding, Etienne Davignon, à l'occasion d'une conférence de presse.

A partir de 2011, Lufhtansa disposera d'une option d'achat sur les 55% d'actions restantes, pour un montant maximal de 185 millions d'euros, qui sera déterminé en fonction des performances de Brussels Airlines.

L'opération doit encore être approuvée par les conseils d'administration des deux groupes qui auront lieu d'ici la fin du mois, ainsi que par les autorités européennes de la concurrence.

Etienne Davignon espère avoir bouclé l'opération d'ici le 1er janvier 2009.

Quant à la forme que prendra la coopération des deux compagnies, elle n'a pas été dévoilée dans le détail et doit encore faire l'objet de discussions dans les semaines à venir mais elle devrait largement préserver l'indépendance de Brussels Airlines, ont assuré lundi les responsables des deux compagnies.

La compagnie belge continuera à opérer "en tant que compagnie en grande partie indépendante au sein du groupe Lufthansa et ceci en tenant compte d'objectifs, de lignes stratégiques et de miyens financiers coordonnés au sein du groupe" , ont-ils dit.

Le conseil d'administration de Brussels Airlines, composé de dix membres, intègrera trois représentants de Lufthansa. La compagnie allemande sera également présente au sein des différents comités exécutifs de la compagnie.

Un "advisory board" sera créé et chargé de s'assurer que "la collaboration avec Lufthansa tiendra compte des intérêts belge s", a en outre expliqué Etienne Davignon, évoquant les mauvais souvenirs laissés par l'accord Swissair-Sabena.

Une fois levée l'option d'achat en 2011, Brussels Airlines maintiendra son siège et son management à Bruxelles et le hub de Bruxelles se développera "en fonction du potentiel du marché", au côté des hubs existants de Francfort, Munich et de Zurich. La compagnie conservera également sa marque, ses propres équipages et sa propre flotte.

Les deux compagnies espèrent néanmoins profiter d'importantes synergies. "Dans les trois ans qui suivront l'approbation des autorités de la concurrence, ces synergies pourraient se monter à plusieurs dizaines de millions d'euros annuellement" , précisent-elles.

Le rapprochement avec Lufthansa devrait également permettre à Brussels Airlines de renouveler sa flotte d'appareils vieillisants à de meilleures conditions, a indiqué M. Davignon.

Quant aux changements concrets que cette nouvelle alliance engendrera pour les passagers, ils ne devraient pas se faire sentir avant le début de l'année prochaine.

L'entrée de Brussels Airlines au sein de l'alliance commerciale Star Alliance, créée autour de la Lufthansa, devrait entraîner une modification du programme de fidélisation de Brussels Airlines. Elle pourrait également avoir un impact sur certaines routes actuellement opérées en partage de code avec des compagnies membres d'autres alliances commerciales, notamment British Airways (membre de l'alliance OneWorld).

L'intégration de Brussels Airlines au sein du groupe Lufthansa marque une nouvelle étape dans le processus de consolidation du ciel européen.

"L'Europe a besoin de systèmes capables de concurrencer les grandes alliances qui sont en train de se mettre en place en Asie ou aux Etats-Unis" , a commenté à ce propos le patron de Lufthansa, Wolfgang Mayrhuber. "Nous sommes convaincus qu'un groupe modulaire de compagnies aériennes largement indépendantes" constitue (...) "le meilleur moyen de connecter différents marchés européens ", a-t-il ajouté.

Mais " la taille n'est pas tout, la rentabilité prime" , a-t-il enfin indiqué, tout en refusant de confirmer les informations selon lesquelles Lufthansa s'intéresserait à plusieurs autres compagnies européennes, parmi lesquelles SAS, Austrian Airways, voire Alitalia, actuellement au bord de la faillite.

(Belga)